Longtemps, j’ai eu l’impression de passer à côté de la vie.
Pas de ma vie. De la vie elle-même. Ce que je devinais pouvoir être plein, intense — je ne le vivais pas. Comme s'il me manquait un décodeur : une conversation, un moment, une fleur — ça se passait dans un extérieur. Il y avait le monde et moi, séparés.
Je ressentais une urgence dans tout ça — une faim.
Et aussi une mélancolie. Vertigineuse, profonde. Comme le souvenir d’une plénitude — de quelque chose qui aurait pu être vécu, ou plutôt Être — et qui se dérobait. Et dans le quotidien, comme un présent qui serait déjà un passé raté, manqué.
Alors j’ai cherché. Jusqu'à ce que je ne cherche plus.
Je n’ai pas toujours été thérapeute
Adolescente, j'envisageais la psychologie — mais je sentais qu'il manquait quelque chose, une dimension plus grande, plus spirituelle. J'ai finalement choisi l'architecture: j'écoutais, je traduisais ce que les gens rêvaient, voulaient — en espace et en lumière, avec l'idée que cela pouvait, en libérant le corps, libérer l'esprit et le cœur.
La quête, elle, ne me quittait pas. J'ai traversé une dépression, un burn-out. J'ai cherché — des rencontres, des thérapies, des pratiques — toutes passionnantes. Mais sans fin.
Puis la méditation, la non-dualité — un voile a commencé à se lever. La Conscience s'est reconnue, doucement, sans pouvoir dire quand.
La thérapie non-duelle, la formation ACE — un tournant. Il existait une façon simple et profonde de soutenir cet appel à se voir plus clairement. Je l'ai suivie pour "moi"— et je me suis retrouvée... thérapeute.
Sans le décider, sans m'en rendre compte
J'ai arrêté mon activité d'architecte.
Et la joie et l'émerveillement qui survenaient parfois dans mes projets — vibrent aujourd'hui, vivants et entiers dans l'accompagnement.